Le Fil, La Trame

Présenté en 1997 à la Galerie 789, à Moudon, **Le Fil, La Trame** constitue le premier geste artistique d’un cycle consacré à l’enfance, à la transmission et à la construction de l’individu.

Le projet prend naissance dans un questionnement personnel sur le rôle des parents dans l’éducation et sur l’empreinte que laisse l’héritage familial. Issu d’un environnement complexe, l’artiste porte alors en lui des tensions encore difficiles à nommer. La création devient un moyen de leur donner une forme et de les inscrire dans une réflexion plus universelle.

Il n’existe pas de mode d’emploi pour devenir parent, pas plus qu’il n’existe de chemin unique pour grandir et se construire. Chaque enfant reçoit une histoire, des valeurs et des blessures qui ont commencé avant lui. Il doit ensuite trouver sa propre place à l’intérieur de cette trame, parfois en la prolongeant, parfois en tentant de s’en libérer.

Dans l’œuvre, **le Fil** symbolise l’enfant à l’approche de ses dix-huit ans. Fragile, tendu vers l’avenir et déjà marqué par le temps, il représente un être sur le point d’entrer dans le monde adulte.

**La Trame** représente le cadre dans lequel cet enfant s’est construit : la famille, l’éducation, la société et l’ensemble des liens visibles ou invisibles qui participent à la formation d’un individu.

Les sculptures en fil de cuivre sont suspendues au sommet des Trames ou placées entre elles. Leur position évoque la relation fragile entre l’individu et les structures qui l’entourent. Elles incarnent également le regard que les enfants portent sur le monde : parfois lucide, parfois désorienté, en quête de sens ou déjà gagné par une forme de résignation.

Les enfants sont à la fois les témoins et les produits d’un système qu’ils n’ont pas choisi. Pourtant, ils portent aussi la possibilité de le questionner et, peut-être, de le transformer.

**Le Fil, La Trame** apparaît ainsi comme un cri discret : une interrogation adressée aux adultes sur leur responsabilité envers l’enfant et envers le monde qui lui est transmis.

Si l’enfant constitue un lien vivant avec le monde de demain, comment apprendre à mieux l’accueillir, à l’accompagner sans l’enfermer et à lui transmettre sans lui imposer le poids de nos propres blessures ?

Commencé en 1997, ce questionnement traverse plusieurs années de réflexion et de création. Une boucle semble finalement se refermer avec **LANAMAT — La naissance malgré tout** (2010–2025). Le premier projet interrogeait l’enfant qui grandit et le monde dont il hérite ; le second se confronte à l’absence d’un enfant qui aurait pu naître.

Entre ces deux œuvres se dessine un même fil : celui de la transmission, de la paternité et de la place accordée à l’enfant, qu’il soit présent, attendu ou seulement possible.

Accrochage

Sculptures en fil de cuivre suspendues au sommet des Trames et disposées entre elles.

Le Fil

Le cuivre se patine naturellement avec le temps. Cette transformation progressive de la matière accompagne symboliquement le passage de l’enfance à l’âge adulte.

**Technique :** fil de cuivre.

La Trame

Structures réalisées en plâtre et en peinture acrylique sur une trame synthétique.

Elles représentent les cadres familiaux, éducatifs et sociaux à l’intérieur desquels l’individu grandit et tente de construire sa propre identité.

**Technique :** plâtre et peinture acrylique sur trame synthétique.