LANAMAT - La naissance malgré Tout -
LANAMAT trouve son origine dans un événement intime : la fausse couche vécue, il y a plus de quinze ans, par une amie très proche de l’artiste.
Leur relation occupe une place singulière dans son histoire. Ils ont tenté de devenir un couple, mais leur lien ne pouvait pas s’accomplir dans sa dimension charnelle. Ils ont alors choisi de rester amis, sans que disparaisse pour autant l’amour profond qu’il éprouvait pour elle.
L’enfant qu’elle portait n’avait pas été désiré. Il était issu d’une relation brève avec un homme marqué par l’alcool, dont elle s’était séparée. Cet enfant n’était pas celui de l’artiste. Pourtant, s’il était né, celui-ci aurait souhaité prendre place auprès d’eux, devenir pour lui un père et pour elle un compagnon.
À travers cette naissance possible s’était dessinée l’image d’une famille et d’une vie commune. La fausse couche a donc ouvert un deuil difficile à nommer : celui d’un enfant qui n’était pas le sien, qu’il n’avait jamais rencontré et dont il ne pouvait véritablement revendiquer la perte. Mais également celui d’une paternité possible et d’une existence demeurée à l’état de promesse.
Il lui faudra près de douze ans pour traverser ce deuil. LANAMAT matérialise ce chemin en deux étapes.
La première création, réalisée entre 2010 et 2012, appartient encore au monde du corps, de la matière et de la violence de l’événement. Des préservatifs remplis de vin ou d’essence sont lâchés sur des panneaux de MDF disposés en cercle au sol.
Le préservatif évoque la sexualité, la protection et ce qu’elle n’a pas empêché. Le vin renvoie à l’alcool, mais aussi au sang, à la transmission et à la vie. L’essence et le feu portent simultanément la destruction et la transformation.
Frappés, tachés puis brûlés, les panneaux deviennent les feuilles d’une forme incertaine : une rose ouverte, un chou ou un organisme en train de naître. L’œuvre ne cherche pas encore l’apaisement. Elle donne une matière à ce qui ne pouvait être exprimé et inscrit physiquement la perte dans les éléments.
En 2025, ces mêmes panneaux sont repris et assemblés autrement. Ce qui était dispersé au sol se relève pour devenir une porte à ouverture en iris. La blessure ne disparaît pas, mais elle change de forme. L’œuvre quitte progressivement le territoire du corps pour entrer dans un espace cosmique.
Au centre de cette ouverture, deux échographies sont superposées et fusionnées sur le fond d’une galaxie. Ces images ne représentent pas l’enfant qui aurait pu naître. Elles donnent une présence symbolique à l’enfant possible : celui qui n’a pas vécu, mais dont l’existence imaginée a profondément transformé celle de l’artiste.
La porte en iris marque un passage. Elle relie ce qui aurait pu être à ce qui a été, l’intime à l’universel, la disparition à la transformation. Elle ouvre sur l’espace intérieur où il devient enfin possible d’accueillir cette absence et de lui donner une place.
LANAMAT signifie **La naissance malgré tout**.
Il ne s’agit ni de nier la mort ni de réparer symboliquement ce qui ne peut l’être. Ce qui naît malgré tout, c’est l’œuvre elle-même. C’est aussi une autre manière de reconnaître l’enfant absent, l’amour et le désir de paternité qu’il avait fait naître, avant de consentir à la vie qui n’a pas eu lieu.
LANAMAT prolonge ainsi *Le Fil, La Trame*, projet commencé en 1997 autour de l’enfant, de sa construction et de la responsabilité des adultes envers le monde qui lui est transmis. Mais ici, le fil ne conduit plus vers l’enfant à venir. Il conduit vers une absence — et vers la possibilité, après de longues années, de lui donner une forme, une place et enfin une issue.
2010 : Naissance des éléments.
Le public est invité à lâcher des préservatifs remplis d’essence et de vin sur des panneaux MDF disposés au sol et en feu.
2011 : Finition en atelier.
Chaque feuille est traitée selon la technique de la matière réflective : essence, vin, pigments, feu et vernis.
2012 : Exposition.
Au sol, l’élément central contient une pyramide de pigments. Sur celle-ci s’éclatent des gouttes de vin passant à travers un préservatif.
2025 : LANAMAT.
Mise en œuvre symbolisant une porte à ouverture en iris. En son point central, deux fœtus sur fond de galaxie.
LANAMAT - Photographie -
Les éléments qui la composent
LANAMAT 120cm
La poussière polarisée illumine la Voie lactée
Notre Voie lactée est embrasée par la poussière sur cette carte de l’ensemble du ciel réalisée par Planck, une mission de l’ESA (Agence spatiale européenne) à laquelle la NASA a apporté une contribution importante. Les tours de couleurs flamboyantes sont en fait des poussières dans la galaxie et au-delà qui ont été polarisées. Les données montrent une lumière de 353 gigahertz ou de 0,85 millimètre de longueur d’onde, ce qui est plus long que ce que nous voyons avec nos yeux.
Noor
Naoki
Centaurus A
L’observatoire stratosphérique pour l’astronomie infrarouge (SOFIA) de la NASA a observé des champs magnétiques dans cette image composite de Centaurus A. Ils sont représentés par des lignes de courant sur une image de la galaxie prise aux longueurs d’onde visibles et submillimétriques par l’Observatoire européen austral et l’Atacama Pathfinder Experiment (orange), aux longueurs d’onde des rayons X par l’observatoire Chandra X-Ray de la NASA (bleu) et aux longueurs d’onde infrarouges par le télescope spatial Spitzer de la NASA (rouge foncé).










